Programme d'Appui aux Initiatives Productives (PAIP)


INTRODUCTION

Pendant ces cinq dernières années, le Produit intérieur brut de la République d’Haïti (PIB de 1997 à 2001) a connu une évolution en dents de scie se rapprochant de la stagnation en raison de la baisse croissante de la production nationale, la production agricole en particulier. Alors que parallèlement les besoins de consommation et de services se sont accrus considérablement avec la croissance démographique.

Ce déséquilibre a entraîné la décapitalisation des populations les plus vulnérables, accéléré la migration interne et externe, accentué la baisse de la production, appauvri la classe moyenne et asphyxie les masses rurales et urbaines.
 
Cette problématique de dégradation globale trouve un terrain favorable dans les secteurs productifs du milieu rural étant donné leur forte vulnérabilité.  Sa résolution  requiert une intervention énergique et soutenue.

Ainsi, dans le cadre de la coopération internationale, le FIDA, en collaboration avec le Gouvernement  haïtien, a élaboré en 1999 une stratégie spécifique d’intervention pour Haïti, le COSOP. Cette stratégie propose entre autres, la mise en place  d’un mécanisme financier chargé d’appuyer les initiatives productives en milieu rural. Et, dans le cadre de cet accord bilatéral, le FIDA a mandaté plusieurs missions de préparation du Programme d’Appui aux Initiatives Productives (PAIP) en milieu rural.

Deux missions principales se sont ainsi réalisées : La mission d’identification en septembre 1999 et celle  de la pré évaluation entre novembre 2000 et mai 2001 soutenue par le FAES (Fonds d’Assistance Economique et Sociale) chargé de la mise en œuvre du programme.
En juin 2002, l’Accord de prêt a été ratifié par l’Assemblée Nationale.

     Présentation du PAIP

Aperçu du programme

Le PAIP est un projet novateur conçu et mis en œuvre par le Gouvernement haïtien avec l’appui technique et financier du FIDA.  D’une durée de 10 ans et doté d’un budget total de 28 millions de dollars US dont 21,7 Millions représentant un prêt du FIDA et  la balance 6.3Millions  la contre-partie de l’Etat Haitien il adresse les principaux problèmes du développement durable dans le milieu rural haïtien notamment la décapitalisation, l’insécurité alimentaire et la dégradation des ressources naturelles.

Objectif général du PAIP

L’objectif général du programme est de contribuer à la réduction de la pauvreté rurale par l’amélioration durable des revenus, l’amélioration de la sécurité alimentaire et la gestion durable des ressources naturelles. 

Objectifs spécifiques du PAIP

Trois objectifs concourent à l’atteinte de l’objectif général du PAIP :

  1. Renforcer les capacités locales et nationales de planification à la base, de gestion du développement et de conception et de mise en œuvre de projets
  2. Appuyer les initiatives productives identifiées à la base et contribuant à l’augmentation, la sécurisation et la diversification des revenus, l’amélioration de la sécurité alimentaire et le développement de systèmes de production ruraux durables.
  3. Faciliter de manière durable l’accès aux services financiers des populations rurales pauvres qui en sont aujourd’hui privées, en particulier les femmes, les jeunes et les paysans sans terre.

Zones d’intervention du PAIP

Le Programme d'Appui aux Initiatives Productives en Milieu Rural (PAIP) a vocation d’intervenir  dans les neuf départements géographiques du pays.  Planifié en trois phases, il s’étendra, au cours de la phase de démarrage,  sur un nombre limité de sections communales dans trois des départements les plus pauvres du pays : le Nord-Est, le Nord-Ouest et le Centre principalement le Haut Plateau.
Son expansion géographique se fera progressivement en fonction de la satisfaction des indicateurs de performance et d’impact.  Les activités du PAIP s’étendront prioritairement en fonction des besoins de valorisation des investissements réalisés dans le cadre des autres projets  financés par le FIDA, particulièrement le Projet de réhabilitation des Petits Périmètres Irrigués (PPI).

Strategie

La stratégie de mise en œuvre du PAIP correspond aux priorités de l’État Haïtien, à la politique du FIDA en Haïti telle qu’elle est précisée dans le COSOP et profite également des expériences de l’institution dans le pays et dans la région.
Les principaux éléments de cette stratégie traversent les facteurs de financement, de participation et d’implication des communautés, du renforcement des organisations de base.
Concrètement, ces axes stratégiques sont :

  1. Un mécanisme de financement flexible.-  Cette stratégie est orientée par la demande financière des populations et de leurs organisations de base.  Elle permet l’accès des plus pauvres au système financier.
  2. Une approche participative du développement communautaire.- Elle permet une appropriation, dès le début, du programme par les communautés qui élaborent avec l’appui de la cellule technique du PAIP et des Opérateurs et Prestataires de Services (OPS), leurs plans de développement communautaire afin d’aboutir à l’identification et l’élaboration de micro projets productifs.
  3. Un partenariat dynamique.- Il vise, à travers des contrats, la responsabilisation progressive des communautés.  Ceci permettra  à terme un désengagement du programme sur certaines activités sans entraver leur bonne marche.
  4. Le renforcement des organisations de base.- Les institutions de micro finance, les coopératives, les groupements de femmes, les associations de stockage, de commercialisation, etc., seront renforcés dans leur développement grâce à des services financiers conçus pour répondre à leurs besoins.
  5. Subvention et crédit.-  Elle permet aux promoteurs locaux des microprogrammes d’accéder à deux types de financement : subventions (rentabilité différée des activités financées) et crédits (rentabilité à court terme)
  6.  

Description du PAIP

Le Programme d’Appui aux Initiatives Productives en milieu rural est organisé selon quatre composantes.

Renforcement des capacités locales 

Cette composante concerne les groupements de femmes, les élus locaux, les coopératives, les institutions de microfinance. Elle est divisée en quatre sous composantes :

  1. le renforcement des capacités de gestion du développement rural et local par la réalisation de diagnostics départementaux.  Ces diagnostics permettent de cibler les communes et les sections communales les plus pauvres et de planifier des actions visant le renforcement des capacités des élus locaux, la mise en place des mécanismes de concertation aux niveaux local et municipal et l’organisation d’ateliers et séminaires sur une série de thèmes relatifs au développement rural.
  2. La planification participative mettant l’accent sur les possibilités offertes dans la préparation de leur programme de développement communautaire à travers des actions de sensibilisation, d’animation, d’information et de communication.
  3. L’appui à l’alphabétisation fonctionnelle orientée vers la production de matériels d’apprentissage à l’intention des institutions privées et étatiques déjà engagées dans ce domaine.
  4.  Le renforcement des organisations de base à travers des programmes de formation axés sur le développement organisationnel, la comptabilité et la gestion afin de renforcer leur autonomie et leur représentativité.

Appui aux initiatives productives

Deux grands types d’actions seront financés dans le cadre de la deuxième composante :

  1. les initiatives productives de base  qui comprendront les activités suivantes : les études de pré investissement, la réalisation des microprojets, l’appui technique en terme de suivi et de formation, les évaluations d’impact, l’entretien des micro-entreprises par les bénéficiaires,
  2. Les activités transversales et d’accompagnement comme l’appui à la commercialisation, le transfert de technologies, l’appui aux micro entreprises  ainsi qu’à la programmation et la mise en œuvre.

 

Appui aux institutions de micro finance en milieu rural

Dans le cadre de l’appui aux institutions de micro finance, les actions suivantes seront entreprises :

  1. Etudes stratégiques et marketing prévoyant des études de marché et des études d’implantation afin d’identifier et de choisir les sites de création de nouvelles institutions de microfinance ainsi que les audits  des IMF déjà  existantes. Des études juridiques et des études en marketing seront réalisées en vue d’adapter la gamme des produits et les services financiers des IMF aux besoins de leurs clients.
  2. Appui à la création de nouvelles Institutions de Micro finance  (IMF) dans les régions non équipées.  Des banques de proximité gérées et capitalisées par les bénéficiaires offrant des services aux plus démunis  seront priorisées.
  3. Renforcement des IMF existantes. Celles-ci bénéficieront d’un appui technique qui consistera en l’actualisation des statuts et des règlements intérieurs, l’amélioration des systèmes comptables et la mise à la disposition des guides de procédures, la formation des gestionnaires et de leurs membres, la fourniture de petits équipements ainsi qu’une aide à la capitalisation.
  4. Renforcements d’opérateurs spécialisés. Cet appui concerne tant les opérateurs agissant à proximité des clients (Opérateurs de mise en œuvre) que ceux dont le mandat est la conception de procédures efficaces ainsi que des outils de promotion.
  5. Appui aux autorités de tutelle (MEF/ BRH). L’assistance technique comportera des actions d’échanges d’expérience et de formation. Il consistera en la formulation d’un nouveau cadre législatif et l’élaboration et la mise en œuvre d’outils permettant une bonne visibilité sur l’ensemble du secteur de la micro finance.

Coordination, gestion et suivi-évaluation du programme

 

Le FAES est l’agence d’exécution du programme.  Un espace de concertation entre les bailleurs de fonds qui financent le FAES sera mis en place pour harmoniser les différentes interventions.  Des relations permanentes seront développées et maintenues avec d’autres entités publiques et privées intervenant dans les zones ou sur des problématiques similaires.

 

Le programme  sera réalisé à travers :

  1. L’unité pour les initiatives économiques (UIE) chargée de la coordination du programme auprès de la direction générale du FAES.
  2. Une intégration au système de gestion de projets du FAES, ce qui facilite la prise en charge institutionnelle du programme.
  3.  Des antennes régionales chargées d’assurer une gestion de proximité des activités pour une meilleure participation des populations à la  mise en œuvre des activités.

4.  Suivi et Evaluation  Le programme est fondé sur une approche souple. Ainsi, il attache la plus grande importance aux fonctions de suivi et d’évaluation essentielles pour un pilotage stratégique et opérationnel  pertinent.  Pour répondre aux exigences  et à la spécificité du PAIP, il est prévu de renforcer le système actuel de suivi- évaluation du FAES

Le bilan du PAIP

Au 9 mars 2010, les réalisations du Programme d’Appui aux Initiatives en Milieu Rural (PAIP), démarré en février 2003,  touchent deux volets de financement du FAES.

Au niveau du volet 2 de financement de projets communautaires, le bilan est le suivant : 1 projet d’appui aux micros entreprises, 1 projet d’appui à l’Opérateur d’Expertise Nationale (OEN), aux Opérateurs de Mise En Œuvre (OMEO) et aux Caisses Rurales d’Epargne et de Prêts (CREPS), 2 projets d’appui à la programmation et à la mise en œuvre, 3 projets de création de CREPS, 3 projets de création de Groupe de Caution Solidaire (GCS), 4 études de marché financier, 11 études de pré investissement, 2 études pour activités d’appui, 6 évaluations ex post d’impact des micro projets, 2 projets de gestion et de coordination, 139 projets productifs, 21 projets d’infrastructures économiques, 1 projet de réalisation de diagnostic des zones prioritaires et 1 projet de transfert de technologie.

 

Le montant total engagé pour l’exécution de ces différents projets est évalué à 402.149.709,79 gourdes.

 

Au niveau du volet 3 de renforcement institutionnel des capacités nationales de gouvernance locale, le FAES a financé : 15 projets de sensibilisation et d’information,1 projet d’animation des communautés, 1 projet d’établissement de liens avec les institutions déjà engagés, 5 projets d’ateliers et de séminaires nationaux, 1 projet de renforcement des capacités des Organisations de Base (OB), 37 projets de réalisation de diagnostics des zones prioritaires, 21 projets de réalisation de diagnostics d’Organisations de Base (OB), 1 projet de sensibilisation et d’information et 12 projets de sensibilisation/information et renforcement des capacités des élus locaux.

Le montant engagé pour l’ensemble de ces interventions dans ce volet est chiffré à 78.058.409,40 gourdes.

 

A partir des ressources du PAIP,  le montant engagé par le FAES dans ces deux volets  est de 480.208.119,19 gourdes.

 

PIB en million de gourdes de 1997 à 2002 ,1997 : 12, 410,3 / 1998 : 12, 681,0, 1999 : 13, 024,2, 2000 : 13, 138,1, 2001 : 12,991,  (Source BRH)

FIDA, République d’Haïti : Exposé des opportunités stratégiques pour le pays, octobre 1999

 

 

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